Accueil
Actualités               Düsseldorf 2011
Archives
Pages Pays
Photos
Multimédia



1  

 

WEBMASTER

 

Nom : Vincent
Année de naissance : 1971
Pays : France
Ville : Paris, Le Mans
contact : eurovisionbonsoirparis@yahoo.fr
site : eurovision-bonsoirparis.com
messenger : Ordivinnie@hotmail.fr
1er CEC : 1979
CEC préférés : 1983, 1998, 2000, 2006
CEC sur place : Copenhague 2001, Athènes 2006, Helsinki 2007, Belgrade 2008, Moscou 2009, Oslo 2010

Düsseldorf 2011, Bakou 2012, Malmö 2013

 

Toute une partie du concours m’a bien sur échappé, la faute à la cigogne qui m’a déposé sur les bords de la Sarthe en 1971 alors que le concours fêtait déjà ses 25 printemps.
Mon premier souvenir sonore remonte à 1977, où affublé d’un bec en carton, j’ai incarné du haut de mes 6 ans,  l’oiseau victorieux de Marie Myriam. Ma sœur était l’enfant, ma cousine l’amour ; une répartition des rôles âprement discutée, une histoire de filles je crois… La chorégraphie était digne des plus grands metteurs en scène. Je me souviens du vertige en haut de l’escabeau où l’on m’avait perché (j’étais le plus petit, c’était normal…), de mes ailes en papier crépon qui tenaient avec difficulté (c’était pour moi une grande source d’inquiétude !), et de notre public familial qui, de bonne grâce, nous avait bissés.
Mon premier « one point » suivra en 1979. Ce 31 mars, je perds à 8 ans ma virginité « eurovisuelle ». Anne-Marie David apparaît sur scène et c’est moi l’enfant soleil. Les israéliens l’emportent. Hallelujah ! Mon mange-disques est prêt à absorber toute cette musique venue des quatre coins du vieux continent. Et même si c’est la version Alleluyesque de Rika Zaraï que l’on m’offre, la magie a commencé son œuvre. J’ai d’ailleurs longtemps cru que Rika Zaraï, ils étaient 4 avec des bretelles et des nœuds papillons !!!
Commença alors la longue série des concours de mon enfance. Il y avait les « vrais » que j’enregistrais fébrilement sur mon vieux magnétophone. Je les réécoutais jusqu’à ce que la cassette rende l’âme, jusqu’à ce que les chanteurs aient l’air de traverser une tempête de sable ou de chanter en apnée… Et puis, il y avait les autres, tous les concours improbables que j’organisais tout seul dans ma chambre les mercredis après-midi. J’étais tour à tour présentateur, chanteur, spectateur, commentateur et bien sûr déclamateur des points ! Ma collection de 45 tours alimentait mes concours. Sheila ne saura jamais qu’elle a représenté un jour la Yougoslavie, ni qu’elle a triomphé devant Mireille Mathieu représentant le Portugal et Pit et Rik défendant les couleurs de l’Allemagne. Il y avait les chansons mais il y avait surtout les points. Des petits papiers (hommage inconscient à Régine ???) découpés avec application, et soigneusement pliés portaient chacun le nom d’un des pays. C’est ma taie d’oreiller qui faisait office de sac à papier.
Dans mon souvenir, cette taie d’oreiller est jaune. C’est certes un détail sans intérêt mais je ne la vois pas autrement que jaune !! Me muant en chacun des jurys, j’y plongeais fébrilement la main pour découvrir tour à tour quel pays allait recevoir des points. Je dois bien confesser aujourd’hui qu’il m’est arrivé de tricher, si la France sortait un peu trop tôt à mon goût. Mais c’est parce que je n’avais pas bien mélangé !!!! J’ai noirci des dizaines de cahiers de ces concours. Reykjavik 1984, Bar le Duc 1985, Florence 1983, Liège 1985, un improbable tour d’Europe et un palmarès des plus fantaisistes sorti d’une taie d’oreiller citronnée.
L’Eurovision m’a accompagné tout au long des vingt années qui ont suivi, dans les bons et les mauvais moments. De la préadolescence, je garde le souvenir ému des Suédois d’Herreys qui ont su alors éveiller mes sens, de l’adolescence, celui de la rencontre d’une petite québécoise à la voix de cristal. Le concours 1997 sera un refuge à ma douleur, quelques semaines après le décès de ma mère tandis qu’en 2000, la sélection à l’Olympia sera l’occasion de mon premier rendez-vous avec la moitié d'orange qui partage aujourd’hui ma vie. Après Copenhague en 2001, nous avons à nouveau goûté au concours à Athènes en 2006. A mon retour de Grèce, alors qu’elle visionnait les photos de notre séjour, ma sœur m’a regardé avec la tendresse complice qui nous unit et m’a demandé : « Aurais-tu imaginé, quand tu étais petit, qu’un jour, tu assisterais à l’Eurovision ? ». Non, bien sûr, je ne l’aurais pas imaginé seulement rêvé. Aujourd’hui, si je me tourne vers le passé, je suis heureux pour ce petit garçon et sa taie d’oreiller jaune, heureux de ne pas avoir trahi l’enfant que j’étais.
 

 

 

                                        1/12 :    Suivant >    Dernière >>